Julien Nédelec

Artothèque de la Biennale de Belleville

Du 25 septembre au 26 octobre
Pavillon Carré de Baudouin 
121, rue de Ménilmontant, Paris

Cœur de la biennale, le pavillon Carré de Baudouin abrite également son artothèque éphémère. Ce dispositif de prêt d’œuvres d’art contemporain ouvert à toutes et à tous offre la possibilité d’emporter et d’accrocher chez soi une œuvre, qu’elle soit dessin, lithographie, estampe, photographie ou peinture. Voisins curieux, néophytes, amateurs ou collectionneurs, chacun-e peut établir une relation privilégiée et décomplexée à la création actuelle.
À bien des égards, Belleville s’apparente à une Babel moderne, un Aleph parisien, un lieu « où se trouvent, sans se confondre, tous les lieux de l’univers », selon le mot de Jorge Luis Borges.
Depuis dix ans, l’art contemporain superpose sa cartographie à celles qui lui préexistaient sur ce territoire, cette implantation ne paraissant ni familière, ni étrangère. Belleville se donne comme un territoire hypertexte : l’art y est comme offshore, « à la fois expédition engagée au cœur du réel et retrait dans le confort que procure l’extraterritorialité » (Nicolas Bourriaud, Global Navigation System, 2003).
La biennale ouvre des perspectives d’ancrage : comme les Maroons voyaient coexister les peaux blanches, noires et rouges, pirates, fuyards et natifs formant de nouvelles communautés hétérotopiques et temporaires, l’artothèque explore ce qui conjoint la biennale et Belleville.

Commissariat Jean-Christophe Arcos.

L’art contemporain s’appelle Julien.

Du 30 septembre au 24 octobre
Galerie Michel Journiac
47, rue des Bergers, Paris

Exposition collective avec Julien Crépieux, Julien Discrit, Julien Gardair, Julien Levesque, Julien Nedelec, Julien Pastor, Julien Pelloux, Julien Salaud, Julien Tiberi.

Aujourd’hui, comme hier et demain, construire une exposition, c’est toujours tenter après d’autres de réunir quelques pièces qui, dans l’intensité de leur rencontre imprévue, donneront les mots pour mieux appréhender et désigner la création contemporaine. Robert Nickas proposait ainsi, il y a quelques années, une exposition, « C », présentant les œuvres d’artistes dont le nom commençait par cette lettre. On ne lui fera pas le reproche d’en avoir oublié quelques uns ou de n’avoir pas consulté la base de données Artprice. Sur un territoire plus francophone, on se souvient de la réalisation en 1984 à Berne du projet intitulé Bertrand Lavier présente la peinture des Martin de 1903 à 1984, une quarantaine de tableaux rassemblés parce que leurs auteurs s’appellent « Martin », avec pour commissaire d’exposition... Jean-Hubert Martin. Enfin, on ne peut faire l’impasse sur les collections de Hans Peter Feldman, où nus, marines et paysages peuvent se disputer de manière réjouissante les cimaises. À chacun alors de tisser les liens et les associations, à jouer du décalage entre l’intention de chaque œuvre et la réception de leur contiguïté soudaine, à en énoncer le nom ready-made.
L’art contemporain s’appelle Julien retiendra donc un critère simple, qui quoique totalement arbitraire revêt l’objectivité la plus imparable : désigner une génération d’artistes par leur seul prénom. Celui de Julien désigne les artistes qui ont actuellement entre 30 et 40 ans. Certes tous les Julien ne font pas de l’art contemporain, mais c’est le principe de la vocation : on ne peut la revendiquer que lorsque, par ailleurs, on constate combien d’autres ont pu la rater. Quelques esprits chagrins soulèveront que, dans ces mêmes années, certains qui s’exercent à faire de l’art ne s’appellent pas Julien. C’est exact, mais on ne peut empêcher des artistes de se tromper soit d’époque et de génération, soit de profession, ou plus vraisemblablement craindre que leurs parents ont préféré pour les prénommer les errements des thèmes astrologiques à ceux de la grande table des arts. Car il en va de l’attente que nous avons tous de l’art contemporain que les concepts en soient non seulement objectifs, mais aussi irréprochables et inattaquables : le temps des avant-gardes est définitivement clos, la dimension arbitraire est la seule qui articule loyalement, et sur un même territoire, l’art contemporain, une génération d’artistes et le nom qui désigne l’un et l’autre de manière inséparable.

http://www.galeriemicheljourniac.net/