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Journée d’étude autour de l’exposition "Rien à voir" avec Stephen Wright

Jeudi 9 avril de 9h30 à 17h
FRAC Poitou-Charentes, site de Linazay
Lieu-dit Les Alleux RN10, Linazay

Journée d’étude organisée par le FRAC Poitou-Charentes avec le soutien de l’ÉESI (Ecole Européenne Supérieure de l’Image) à l’occasion du dernier jour de "Rien à voir", exposition présentée au FRAC Poitou-Charentes site de Linazay (18 septembre 2014 – 9 avril 2015)

Avec Damien Beguet, pour le duo d’artistes Ludovic Chemarin ; Jérémie Bennequin, artiste ; Bernard Brunon, artiste au sein de l’entreprise That’s painting ; Ghislain Mollet-Viéville, agent d’art ; Stephen Wright, théoricien de l’art, enseignant à l’EESI

Cette journée réunira des artistes, théoriciens et acteurs de l’art contemporain s’interrogeant sur ces pratiques qui perturbent les normes dont le monde de l’art pensait s’être affranchi.

Stephen Wright
“De quels enjeux Rien à voir est-il le nom ?”

L’art traverse un moment escapologique : au lieu de se conformer aux normes des institutions conceptuelles et leurs impératifs de visibilité, de plus en plus de praticiens semblent vouloir se soustraire à la capture idéologique et surtout performative, en prenant en main les conditions de visibilisation de leurs propositions, et plus exactement en en modifiant leur coefficient d’art, quitte parfois à assumer le paradoxe qu’il n’y a tout simplement rien à voir.
Comment rendre raison de ce paradoxe et comprendre ce qu’elle signifie pour la subjectivité contemporaine et le devenir de l’art dans la société ?
L’art s’est arraché à lui-même. Il s’est affranchi de tout médium spécifique, de tout genre reconnu, tout espace ou cadre référencé et tout critère d’évaluation — de tout, en somme, sauf de sa propre identification à une histoire, s’engouffrant ainsi dans une joyeuse crise, celle de son mode d’être. La réponse de la modernité finissante à cette crise était d’avoir recours aux institutions et à leur parole d’expert : est l’art ce que l’institution reconnaît comme tel. De la perspective de l’institution, l’art ne se distingue de son “double” que sur le plan ontologique ; quant aux pratiques
qui s’aventurent hors des cadres performatifs, elles peuvent même prétendre à une ontologie double : tout à la fois ce qu’elles sont et des propositions artistiques de ce qu’elles sont. Or sur le terrain, la perspective est souvent bien différente : l’art — ou du moins, les pratiques qui s’identifient à une certaine histoire de l’art et sont informées par une certaine compétence artistique — est vécu moins comme une catégorie de configurations et d’actions symboliques que comme un mode d’agir. L’art se socialise, se répand, s’insinue et s’opère dans des situations diverses, tantôt
compatibles, tantôt hostiles, parfois affaiblissant son coefficient de visibilité le temps d’une intervention, parfois l’affirmant dans des contextes incongrus. La question n’est donc plus : est-ce l’art ? mais bien plutôt : combien d’art y a-t-il ici ou là ? Une question de coefficients d’art.

Les vidéos des conférences (connexion à votre mail @eesi.eu obligatoire) :