Colloque

Colloque
Politiques de l’enseignement,
enseigner la philosophie aujourd’hui
au lycée, en école d’art, à l’université


lieu : Université de Paris 8
2 rue de la Liberté, 93526 St Denis

29-30-31 mai 2017

Entrée libre

sous la direction de :
Vanessa Brito, École supérieure d’art et de design Marseille-Méditérannée
Malgorzata Grygielewicz, École européenne supérieure de l’image - Angoulême & Poitiers
Nathalie Périn, Collège international de philosophie

Ce colloque questionnera la place et le rôle de l’enseignement philosophique au lycée,en école d’art et à l’université, en confrontant les regards et la pensée critique de ceux qui font l’expérience de l’enseignement et de l’apprentissage dans ces institutions. Quelle est la spécificité de ces trois modalités d’enseignement ? Comment se transforment-elles de par leur inscription dans ces lieux ? Cet effort de discernement de nos pratiques nous conduira également à examiner comment la possibilité d’articuler enseignement et recherche se pose différemment dans ces trois lieux. Au cours de la première journée, nous nous demanderons comment se fait la rencontre avec la philosophie au lycée. Comment y mettre au jour sa place et sa fonction dans la cité ? Comment y construire de nouvelles situations d’enseignement ? Le deuxième jour questionnera l’enseignement de la philosophie en école d’art. Quand la place qu’on lui accorde est celle d’un enseignement de culture générale, l’arracher à cette destination d’arôme spirituel nous demande de l’enseigner en tant que pratique. Comment la mettre en œuvre avec des étudiants qui parfois n’ont pas le BAC ? Enfin, le dernier jour du colloque sera consacré à l’enseignement de la philosophie à l’université. En prenant appui sur la réflexion menée cette année lors des ateliers tenus par des étudiants et des professeurs grévistes du département de philosophie de l’Université Paris 8, il sera question de revenir sur des problématiques telles que l’identification croissante entre université et lieu de professionnalisation, ou celle généralisée entre recherche et production. Au moment où l’on tend à valoriser les sujets de recherche qui répondent au mieux aux attentes des institutions qui les financent, il sera pour nous question de revenir sur les préoccupations à l’origine du Collège international de philosophie en tant qu’« espace de recherches et de formation à la recherche » construit autour de l’idée d’intersection.

PROGRAMME :

Lundi 29 mai 2017
Salle B106

9h30 : Accueil et mots d’ouverture
Modération : Nathalie Périn (CIPh)

10h00 : Patrice Vermeren (Paris 8/LLCP), Le cimetière des doctrines et la rencontre de deux libertés. Georges Canguilhem et les professeurs de philosophie.

10h30 : Elise Lamy-Rested (CIPh), Philosopher à l’époque des nouvelles technologies.

11h00 : Discussion

11h30 : Sébastien Charbonnier (Univ. Lille/CIREL), Les formes politiques de la situation d’apprentissage : quelle égalité pour former l’esprit critique par la philosophie ?

12h00 : Christiane Vollaire (revues Chimères et Pratiques, professeure au lycée), Double langage et injonctions paradoxales dans les politiques de l’enseignement.

12h30 : Discussion

13h00 : Pause-déjeuner

15h : (Im)possibilité de la recherche au lycée.
Tout enseignant-chercheur (qu’il ait ou pas ce statut) se confronte à une identification généralisée entre recherche et production qui détermine non seulement quelles pratiques peuvent être considérées comme de la recherche mais aussi qui peut être reconnu comme chercheur. Quelles sont aujourd’hui les conditions de possibilité pour faire de la recherche quand on enseigne dans le secondaire ? Comment y articuler recherche et enseignement ? A l’heure où une séparation se dessine entre universités de recherche et universités d’enseignement, comment construire et défendre cette articulation contre la disjonction et le cloisonnement entre nos différents lieux de travail ?
Jerôme Lèbre (modération, CIPh), Gisèle Berkman (ancienne DP au CIPh, professeure au lycée), Christiane Vollaire (revues Chimères et Pratiques, professeure au lycée), Jean-Hugues Barthélémy (directeur du CIDES à la MSH, professeur au lycée).

16h20 : Discussion-pause

17h : Hors-programme : expérimenter de nouvelles situations d’enseignement.
Quelle marge de manœuvre a un professeur au lycée pour tester de nouvelles configurations d’enseignement ? La possibilité d’expérimenter semble s’ouvrir dans des établissements scolaires innovants et dans le cadre de structures de retour à l’école pour des étudiants dits « décrocheurs ». Leurs enseignants y prennent la position d’un Maître Ignorant : plutôt que de transmettre un savoir, ils mettent à disposition des outils de travail qui font place à l’initiative des étudiants. Parfois conçues par une équipe aux compétences complémentaires, ces situations d’enseignement gagnent à être pensées avec celles qui se construisent dans les écoles d’art, souvent perçues comme une terre d’accueil pour des étudiants aux parcours atypiques.
Vanessa Brito (modération, ESADMM), Adrien Arrous (Pôle innovant lycéen, Paris)
Rémy David (professeur au lycée, ancien prof. au Collège-lycée Élitaire Pour Tous de Grenoble), Dénètem Touam Bona (auteur, collaborateur d’Africultures et de l’Institut du Tout-Monde).

18h20 : Discussion.


Mardi 30 mai 2017
Amphi A2

Modération : Vanessa Brito (ESAD Marseille-Méditerranée)

10h30 : Jehanne Dautrey (ENSAD Nancy, Chargée de cours Paris I), Enseigner la philosophie en école d’art : un Dire face à un Faire ?

11h00 : Malgorzata Grygielewicz (EESI Angoulême & Poitiers), Jardin d’Academos, entre philosophie et art.

11h30 : Bertrand Ogilvie (Paris8/ Co-directeur LLCP), L’enseignement français de la philosophie : le mythe de l’esprit critique.

12h00 : Discussion

12h30 : Pause-déjeuner

14h00 : La philosophie en école d’art : un enseignement de culture générale ?
En école d’art, les enseignements « théoriques » sont présentés aux étudiants comme des enseignements de culture générale. Quelles sont les implications de cette place faite à la philosophie ? Ne pas la réduire à un supplément d’âme demanderait de la saisir comme une pratique parmi d’autres, celles des artistes et des historiens de l’art. Comment faire pour la mettre en œuvre avec des étudiants qui parfois n’ont pas le BAC ? Quelles modalités d’enseignement sont à construire ? Comment l’enseignement philosophique se renouvelle-t-il au contact avec les enseignements artistiques ?
Vanessa Brito (modératrice, ESADMM), Manola Antonioli (ENSA Paris-La Villette), Alexandre Costanzo (ESAA Annecy), Dirk Dehouck (ARBA Bruxelles)

15h20 : Discussion-pause

16h Pratiques de l’écriture dans les écoles d’art.
Suite à la reforme LMD, qui aligne l’enseignement des écoles d’art sur celui de l’université, le DNAP (Diplôme National d’Arts Plastiques) et le DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) sont accompagnés d’un rapport et d’un mémoire qui donne lieu à une soutenance. Quelle est la place et le rôle de l’écriture dans ces diplômes ? Comment penser l’articulation entre un travail d’écriture et un travail plastique ? L’écriture peut-elle devenir une pratique artistique à part entière ? Peut-on envisager des écritures non textuelles – un film, une installation, un accrochage – qui transforment la forme même du mémoire de master ou de la thèse de troisième cycle ? De nouvelles modalités d’enseignement demandent d’autres rapports à l’écriture qui ne la réduisent pas à une entreprise de restitution de résultats. Plus qu’une simple explication ou commentaire du travail plastique, l’écriture devient un objet de recherche en soi qui nous demande de repenser le rôle de « la théorie » dans les écoles d’art.
Malgorzata Grygielewicz (modératrice, EESI), Morgane Julien (DNSEP – EESI), Pierre-Philippe Toufektchan (étudiant en 5ème année EESI), Anna Dezeuze (ESADMM), Primavera Gomes Caldas (étudiante en 5ème année ESADMM), Flavien Odorin (DNSEP – ESADMM), Vincent Gérard (ENSA Paris-Cergy), Clément Jandard (DNSEP - ENSAPC).

17h20 : Discussion-pause

18h : Thomas Hirschhorn (artiste), L’amitié entre art et philosophie.

Mercredi 31 mai 2017
Amphi X

Modération : Carlo Cappa (CIPh/Univ. Rome Tor Vergata)

11h00 : Georges Navet (Paris 8/LLCP), Du sens commun.

11h30 : Plínio Prado (Paris 8/LLCP), Tekhnè psychagogia. De l’enseignement comme art du retournement métanoïaque.

12h00 : Discussion

12h30 : Pause-déjeuner

14h30 : Usages et limites de la philosophie en temps de grève
Depuis sa création, le département de philosophie de l’Université Paris 8 a toujours été en pointe, non pas en raison de sa seule participation aux mouvements de grève, qui ne s’est certes jamais démentie, mais par sa capacité à remettre en question ses pratiques en chacune de ces occasions. Du CPE jusqu’à la loi travail en passant par les grèves contre la LRU, nous en retracerons les enjeux tant internes qu’externes.
Gilles Barroux (modérateur, ancien DP au CIPh), Eric Lecerf (Directeur du département de philosophie de Paris 8), Barbara Zauli (ATER Paris 8/LLCP), Mariam Catalina Shengelia (étudiante en master Paris 8), Agnès Dopff (étudiante en master Paris 8), Stéphane Gérard (cinéaste).

16h00 : Discussion-pause

16h40 : Les effets de la précarité en milieu enseignant
La précarité change nos modes de vie, mais aussi les modes de production de la recherche, les formes de partage et de transmission des connaissances. Elle affecte tous les milieux d’enseignement, de la maternelle au supérieur. Quels sont ses effets sur nos modes d’implication, sur l’enseignement et le travail de recherche ? Quel est le rapport entre cette précarité et les réformes qui touchent le secondaire, les écoles d’art et l’université ? En est-elle la conséquence ou la condition ?
Nathalie Périn (modératrice, CIPh), Patrick Cingolani (Univ. Paris-Diderot/ Directeur du LCSP), Ludovic Duhem (ESAD Valenciennes, ESAD Orléans), Julien Hering (co-fondateur du collectif PAPERA), Stéphane Rey (professeur au lycée, membre de l’APPEP).

18h : Discussion et clôture.