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Rencontre avec Alain Gomis

Rencontre avec Alain Gomis
Projection de Félicité (2017) suivie d’une discussion animée par Jean-Claude Rullier
Mardi 16 janvier 2018 - 18h
ÉESI - Site de Poitiers

Le réalisateur Franco-Sénégalais, Alain Gomis, sera présent à l’ÉESI le 16 janvier, pour une journée d’étude consacrée à son cinéma. Cette rencontre s’inscrit dans le programme pédagogique DAK’lab au sein duquel un groupe d’étudiants travaille actuellement sur un projet d’exposition qui aura lieu à l’IFAN*, lors de la prochaine Biennale DAK’ART, en mai 2018 à Dakar.

Film après film, L’Afrance (2001), Andalucia (2008), Aujourd’hui (2013) et Félicité (2017), Alain Gomis, produit un « cinéma tissé de combat politique, de témoignage social, d’inventivité stylistique et d’une dimension mystique qui emporte le réel ailleurs, vers les zones magiques de la transfiguration artistique » Le Monde, le 28/03/2017.
Il interroge les réalités complexes et multiples du continent africain et de sa diaspora par une écriture filmique où cohabitent réalisme et onirisme. On retrouve sur l’ensemble de son œuvre la question des tensions entre identité et liberté qui animent ses personnages.

Synopsis :
Félicité, libre et fière, est chanteuse le soir dans un bar de Kinshasa. Sa vie bascule quand son fils de 14 ans est victime d’un accident de moto. Pour le sauver, elle se lance dans une course effrénée à travers les rues d’une Kinshasa électrique, un monde de musique et de rêves.

Avec ce film, Alain Gomis rejoint le chœur des voix toujours plus nombreuses, artistes, chercheurs, intellectuels, d’une nouvelle « pensée-monde » africaine, qui renverse les vieilles perspectives centre/périphéries et participe à l’effondrement « des fausses dichotomies et des frontières paresseuses » (Achille Mbembe et Felwine Sarr). Le Monde, le 11/10/2017

« Dans les quartiers populaires, dont je viens, on grandit avec l’idée que la vie, c’est celle que l’on voit en images. Et ces images ne correspondent pas à ce que nous vivons. Cela crée le sentiment que ce que nous vivons, c’est “en attente de”, ce n’est pas la “bonne vie”. Objectivement, pourtant, c’est celle que vit la majorité des gens… Cela crée une violence, un truc assez terrible, de l’ordre de la détestation de soi. Comme si quelque chose nous était volé. C’est un truc un peu dégueulasse, qui crée la dynamique des sociétés libérales. Les rares exemples de “réussite” sont pointés du doigt pour nous réconcilier avec cette société dont on voit bien tous les jours, pourtant, qu’elle ne fonctionne pas, et qui fait qu’on n’a qu’une seule envie : sortir de ce milieu. Avec Félicité, j’avais envie de me réapproprier cela, de dire non seulement que cette vie est la vraie vie, mais qu’elle vaut en soi. » Alain Gomis.

Tourné dans les rues très animées de Kinshasa, Félicité a reçu entre autres deux prestigieuses distinctions, le grand prix du jury à la Berlinade 2017 et l’Étalon d’Or au Fespaco 2017 à Ouagadougou.

*IFAN, Institut Fondamental d’Afrique Noire - Université Cheikh Anta Diop, Dakar.

image : Véronique Beya Mputu (Félicité), réalisé par Alain Gomis, 2017

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