Accueil > Archives > 2010 > [exposition] Ex vocare, du 27 au 31 octobre 2010, Angoulême

[exposition] Ex vocare, du 27 au 31 octobre 2010, Angoulême


Ex Vocare



 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


© Mickaël Vivier, Sans Titre_code 1.1 détail, acrylique sur toile, 2010


 


 Du 27 au 31 octobre 2010
Atelier Magelis
1-3 rue de Saintes, Angoulême

Vernissage le mercredi 27 octobre 2010

L’évocation fait apparaître ce qui est absent et pourtant latent. Elle convoque une histoire, elle remotive un passé par le biais des sens : l’ouïe, le toucher, la vue, l’odorat, le goût. Sensorielle, elle est plus matérialiste que mystique, s’opposant en cela à l’invocation religieuse. On comprendra aisément que « l’évocation » ait été utilisée en art pour susciter une émotion.
Rappelons l’une des plus belles et des plus célèbres évocations-remémorations, mise en scène par Proust dans l’épisode de la « madeleine » :

« Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire. »

Souvent, comme ici, l’évocation est celle d’un sentiment et d’une sensation. Elle a par ailleurs un rapport avec la ressemblance, faisant apparaître ce qui n’est plus ou pas là :
« Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblaient avoir été moulées dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques ».
La ressemblance de forme, celle de la petite madeleine et d’une coquille de Saint-Jacques, laisse place à une ressemblance informe, d’un « plaisir délicieux ».

Mais « on peut [aussi] définir les évocations comme un moyen de traiter les informations que l'on perçoit » et donc les considérer d’un point de vue pédagogique, comme méthode d’enseignement.

Ce sont ces différents aspects de l’évocation qu’ont tenté d’explorer les artistes, tous issus de l’Ecole européenne supérieure de l’image, dans le cadre de l’exposition « Ex vocare » : Béatrice Bailet, François Henninger, Thomas Lannette, Julien Rucheton, Romain Sein, Mickaël Vivier et  Gérard Quilès.