Accueil > Archives > 2011 > Conférences de Stephen Wright

Conférences de Stephen Wright


Conférences de Stephen Wright



 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


Du 3 au 7 octobre
Centre de Investigaciones artisticas, Buenos Aires


Politiques des usages : Quelles sont les politiques des usages sous toutes ses formes ? Comment les usagers "usent-ils" ? La dernière décennie a vu émerger, dans quasiment tous secteurs de la société, l'usager comme catégorie de subjectivité politique tout aussi puissante que problématique, contestant le bien-fondé de trois institutions conceptuelles des plus établies : la propriété, la culture de l'expertise, et le régime du spectateur. Les usagers ne sont ni propriétaires, ni experts, ni spectateurs, et s'il est difficile de définir comme communauté et l'est plus encore de les contrôler. L'usage n'est pourtant rien de nouveau — les gens font usages d'outils, de langues, de biens et de services (pour ne pas dire de stupéfiants) de toutes sortes depuis toujours. Mais la montée en puissance de la culture 2.0 où la valeur est produite en fonction d'usages, comme l'expansion de régimes démocratiques dont la légitimité est fondée sur la capacité des gouvernés de s'approprier et d'utiliser les instruments politiques et économiques disponibles, a engendré une catégorie d'usagers actifs (qui ne sont pas de simples rebelles, de prosomateurs ou d'automates manipulables) dont l'agir s'exerce, paradoxalement, exactement là où on l'attend. A travers ses moments collectifs d'analyse des différentes politiques des usagers et des usagers, des temps et des espaces d'usages, nous dégagerons l'éventuelle puissance et les indéniables écueils ainsi que quelques-uns des paradoxes de l'usage, du mésusage, du désusage et de réusage.

Du 11 au 16 octobre
Centre de Investigaciones artisticas, Rosario


Parcours et extraterritorialité : "Rien n'est moins passif que la fuite" affirmait Gilles Deleuze. En même temps, il y a autant de bonnes raisons de refuser la fuite, de ne pas céder le territoire. A notre époque de migrations forcées, comment penser la mobilité conceptuelle et le choix assumé de plus en plus d'artistes et d'autres producteurs de savoirs de quitter leur champ d'activité pour investir d'autres territoires ? Comment comprendre cette aspiration à une extra-territorialité ? Quelle capacité à nuire l'art - ou les compétences artistiques - possèdent-ils en dehors du champ qui leur est assigné ? Telles seront quelques-unes des questions abordées lors de ce séminaire collectif et performatif.

Du 17 au 20 octobre
Congrès de l'AICA (Association internationale de critiques d'art) à Asuncio, Paraguay


L'extradisciplinaire : méthodologies décréatives en temps de crise
Présenté au Congrès de l'AICA, L’Art et la critique en temps de crise, Asuncion.
au nom du collectif lecollège*

A l'image des sociétés dans lesquelles il émerge, l'art traverse aujourd'hui une crise axiologique (quelles valeurs ?), epistémologique (quels savoirs ?) et paradigmatiques (quels repères ?) dont la profondeur n'est comparable qu'à celle de la Renaissance. En somme, l'art et la critique sont désormais et en tant que tels en temps de crise. Mais c'est lorsque les sociétés qui l'engendrent sont déboussolées par des crises fondamentales, secouées par des séquences émeutières voire révolutionnaires, que la crise de l'art et de sa critique se révèle avec une sorte de progressive soudaineté comme essentiellement ontologique. Quand les ontologiques politiques s'effondrent et se reconfigurent, l'être même de l'art et de la critique ainsi que leur relation perdent leur caractère d'évidence.

Dans ce contexte de décadrage brutal, et à l'encontre de sa propre histoire, la critique d'art cesse d'évoluer dans un décalage temporel par rapport à l'art ; elle perd sa secondarité au moment même où l'art est déchu de sa primauté. De plus en plus, production artistique et discours critique, comme d'ailleurs les appareils institutionnels et mercantiles afférents, agissent dans un même paysage temporel, dans une sorte de synchronie qui ne donne pas forcement lieu à une eurythmie. Inter-pénétration, chevauchement, fusion, parasitage ou prédation : quels que soient ces nouveaux agencements, ils ne conduisent pas seulement à un changement de méthodologie mais bel et bien au renversement des cadres aussi bien dans la pratique artistique que dans la pratique de la critique.

Est-ce possible de penser que la critique, renonçant à ses fonctions de légitimation et de valorisation (ou libérée de celles-ci), franchit la distance que la séparait de la pratique artistique pour désormais la rejoindre dans sa dimension heuristique ? Est-ce un hasard si, justement au moment de cette crise axiologique et ontologique de l'art, on voit émerger ce que certains ont nommé le tournant pédagogique de l'art ? Au fur et à mesure que l'art quitte le champ qui lui était jusqu'alors propre et exclusif pour investir d'autres champs d'activité - comme celui du discours ou de la pédagogie - fait-il place à d'autres pratiques, celle de la critique notamment ? Comment penser cette extraterritorialité réciproque entre art et critique ? Quels nouveaux outils conceptuels ont déjà été forgés par ces prises de position et quels autres nous restent-ils encore à inventer ?