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Le dépliant : un format pour des images recomposées

Conférence de Didier Mathieu

Bien ambivalents sont les dépliants, de Flower Arrangement for Bruce Nauman de Dennis Oppenheim à Die Direttissima et Die Passage de Edmund Kuppel.
Sont-ils à voir et à lire pliés (« page à page », comme un livre) ou dépliés – « à plat », dans une apparente entièreté.

En terme d’imprimerie le « chemin de fer » est un document qui recense et donne à voir, de façon synthétique, sous forme de grille ou de tableau, la totalité des pages d’un ouvrage. Le chemin de fer découpe en planches, met le livre à plat. Le contenu du livre est là, dans son entier, mais le livre – objet de lecture – lui, n’y est pas. Il en va de même avec le « story-board » au cinéma. Le story-board découpe en plans dessinés les séquences d’un film, illusion de continuité. Tout comme le story-board n’est pas le film, le chemin de fer n’est pas le livre. Le dépliant n’est plus ou pas encore un livre.

Plus que photographique, la juxtaposition d’images dans un dépliant serait cinématographique, évoquant des mouvements de caméra : « travelling » (on connait les conditions de prise de vue des photographies de Every Building on the Sunset Strip de Edward Ruscha) – parfois associé au gros plan (Humus Line de Lars Paalgard et Oddvar I. n. Daren), ou encore « panoramique » (Les pins de Bernard Lassus). Autre mouvement de l’objectif dans Les approches de Annette Messager.
Le format du dépliant, démesurément plus large que haut, souligne à la fois l’horizontalité de son contenu (dans les exemples retenus, souvent un paysage, qu’il soit de campagne ou urbain ; et la ligne d’horizon est l’élément principal de Die Passage) et sa frontalité (frontalité accentuée par le fait que les dépliants sont rarement imprimés recto/verso).

S’agissant d’horizontalité et de frontalité, on pourrait mettre en regard un dépliant de petit format de Richard Long : A Walk Past Standing Stones, et deux de ses livres A hundred Stones et Labyrinth. Si, généralement, les dépliants sont d’« impossibles » livres, A hundred Stones et Labyrinth, s’ils n’étaient des livres, seraient de « possibles » dépliants.

La conférence aura lieu à l’ÉESI – site d’Angoulême, sur le Plateau
Entrée libre –dans la limite des places disponibles et dans le respect des dispositifs sanitaires actuellement en place.

134 rue de Bordeaux
Informations : 0545926602
contact@eesi.eu

légende image :
Helen Douglas & Telfer Stokes
Clinkscale
[ s.l. ] : Weproductions, [1977]. [500 ex.]
coll. cdla - inv. n° 156 99